Introduction
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EXAMEN DES PROGRÈS ET CONCLUSIONS

Le présent chapitre donne un aperçu des progrès signalés aux chapitres 2 et 3, tire des conclusions concernant le rayonnement du mouvement des femmes et du sport au cours des quatre dernières années et jette un regard sur la future conférence à Montréal et sur l'avenir.

L' Appel à l'action de Windhoek

Chacun des 11 points de l'Appel à l'action de Windhoek est énoncé et abordé en détail au chapitre 2 du présent rapport. Voici un aperçu des progrès réalisés.

1. Adopter une planification rationnelle

De nombreuses organisations ont intégré la planification rationnelle à leur travail en adoptant comme cadre d'orientation les principes de la Déclaration de Brighton. D'autres, comme le CIEPSS, ont concentré leurs efforts sur les éléments de l'Appel à l'action de Windhoek qui touchaient le plus leur travail. Ainsi, on constate que le plan du Botswana comporte des objectifs numériques clairs, le plan du CSSA, zone 6, renferme une mission, une vision, des valeurs et une analyse FFPM (forces, faiblesses, possibilités et menaces), et le plan de l'ACAFS est axé sur les résultats.

Parmi les principales leçons apprises, il y a la nécessité de voir à ce que des ressources tant humaines que financières soient en place pour exécuter les plans. Quant aux réussites, il faut que la plus haute instance de l'organisation appuie le plan et que la situation soit bien comprise à la base.

Globalement, il y a des exemples de planification très efficace qui devraient se révéler utiles aux organisations et aux pays qui n'ont pas adopté ce genre d'approche. Par ailleurs, les organisations ayant des plans doivent sans cesse assurer le suivi des différentes étapes de planification, notamment en surveillant la mise en œuvre de leurs plans, en signalant si les objectifs ont été atteints ou non et en évaluant les raisons s'y rattachant.

2. Aller au-delà du secteur du sport

WomenSport International, en collaboration avec le GTI, la WSF (É.-U.), l'ACAFS et le CIEPSS, a dirigé les démarches auprès des Nations Unies afin de joindre d'autres secteurs à l'échelle internationale. Grâce à la direction et à l'engagement de Carole Oglesby, il y a eu un suivi très serré pour inscrire le sport à l'ordre du jour des femmes à Beijing et pour s'assurer qu'il soit intégré dans le rapport final de Beijing+5. Ce travail chronophage ne donne pas immédiatement des résultats apparents. Il faut mobiliser davantage de gens et de pays pour renforcer notre cause et étendre la portée de notre message.

D'autres exemples dans le rapport illustrent le grand nombre de divers secteurs avec qui les organismes de sport ont travaillé, y compris les domaines de la santé, de la médecine, des droits de la personne, de l'éducation, _du développement communautaire, de la protection de l'environnement, de la loi, de la police et des médias, _les commissions de l'égalité d'accès à l'emploi, les commissions et tribunes féminines et les ambassades étrangères.

À en juger par la vaste gamme d'exemples d'efforts déployés par les organisations à tous les niveaux pour aller au-delà des frontières du sport, il est clair qu'une foule de particuliers et d'organismes ont saisi les messages de Windhoek et les ont mis en œuvre. Même s'il faut du temps pour établir des partenariats avec des organismes de l'extérieur du sport et en venir à une même compréhension, cela en vaut la peine lorsque les organismes reconnaissent le potentiel qu'offre le sport en tant qu'outil de développement. Ce thème sera exploré plus à fond à la Conférence de Montréal, s'appuyant sur la Boîte à outils de Montréal qui propose des techniques concrètes pour le travail intersectoriel.

3. Diffuser de l'information

Beaucoup de moyens novateurs ont été utilisés efficacement pour diffuser de l'information et promouvoir les femmes et le sport, confirmant encore une fois l'importance capitale de la communication. La façon dont chaque secteur ou groupe local ou international procède doit aussi tenir compte de la culture, des besoins et de la technologie accessible. Les réussites ont pris diverses formes : bulletins et autres publications, recours à Internet, exposés à des conférences, festivités, remises de prix et activités spéciales.

De nombreux organismes ont misé sur le pouvoir d'Internet pour diffuser et échanger de l'information ; il semble probable que ce moyen sera de plus en plus privilégié pour resserrer les liens internationaux, favoriser la participation aux conférences (cyberconférences) et soutenir la cause. Par exemple, les membres de WSI ayant des compétences en recherche et en rédaction ont pu produire des documents de revendication à l'appui de leur travail avec l'ONU, puis les rendre accessibles aux autres grâce à Internet.

La WSF (É.-U.) et l'ACAFS se sont énormément démenées pour sensibiliser le public aux bienfaits du sport ; leurs sites Web constituent d'excellentes ressources pour ceux et celles qui travaillent dans ce domaine partout dans le monde. Tout comme WSI, ces organismes se sont servis des résultats de recherche pour défendre leur cause.

Néanmoins, il demeure tout aussi important de continuer à transmettre le message directement aux athlètes et _aux personnes à l'échelle tant locale qu'internationale. Dans les deux exemples cités, le Comité de la haute performance de Singapour est entré directement en contact avec les athlètes, tandis que le réseau " Les Dames du sport d'Oulu " (Finlande) a amené la municipalité à accorder plus d'attention au sport pour le bénéfice de l'ensemble de la collectivité.

4. Augmenter la capacité des femmes de devenir des chefs de file et des décideurs et veiller _ à ce que les femmes jouent des rôles importants et bien en vue

Plusieurs exemples témoignent de l'efficacité des programmes d'encadrement et de stages pour ce qui est de renforcer les capacités et de développer le leadership féminin. À l'échelle nationale, l'Australie, le Canada et la Finlande décrivent des programmes qui ont été mis à l'essai avec succès. Les leçons tirées du programme australien nous rappellent l'importance d'une approche personnelle selon laquelle les femmes sont activement invitées à participer plutôt que d'attendre simplement qu'elles se présentent. Profitant de la tenue d'une manifestation internationale, la CONFEJES et les organisateurs des Jeux de La Francophonie ont trouvé un moyen exceptionnellement efficace d'amener les entraîneures à apprendre les unes des autres.

En ce qui a trait aux entraîneurs, la faible proportion de femmes, particulièrement dans le sport de haut niveau, continue d'être préoccupante. Il semble que plus les normes de performance sont élevées, plus ce sont des hommes qui entraînent les athlètes et les équipes féminines. Le Journal canadien des entraîneures est une ressource unique offerte gratuitement sur Internet aux responsables de la formation des entraîneurs pour obtenir et échanger de l'information.

Outre les initiatives d'encadrement et de stages, le deuxième volet de ce point visait à voir à ce que les jeunes femmes participent à l'élaboration des politiques et des programmes qui les touchent. Il y a des signes que cette question a été abordée par des pays comme le Japon qui parraine régulièrement la présence de jeunes femmes à des conférences internationales, ainsi que par l'IAPESGW et le Programme de développement des sports du Commonwealth.


5. Stimuler l'éducation physique et les programmes scolaires communautaires

Comme dans le cas de l'approche de l'ONU sous le point 2, l'éducation physique est un autre domaine où des démarches concertées à l'échelle internationale ont été dirigées par des femmes. Ainsi, Gudrun Doll-Tepper et Margaret Talbot, respectivement présidente et vice-présidente du CIEPSS, ont travaillé à l'organisation, à Berlin en 1999, d'un sommet mondiale visant à s'attaquer à la " crise mondiale " dans le secteur de l'éducation physique, lequel a débouché, entre autres, sur un document de revendication musclé qui a été examiné par les ministres et les hauts fonctionnaires plus tard dans l'année. Le sommet a également donné lieu à une Déclaration des 62 États membres représentés, qui reconnaît les problèmes d'équité entre les sexes en éducation physique et en sport et qui exige une intervention. Une bonne partie des travaux de l'IAPESGW est justement de favoriser l'action dans ce domaine.

En dépit de ces mesures positives à l'échelle internationale et ministérielle, le nombre et la qualité des occasions d'éducation physique offertes aux filles inquiètent encore. Certains organismes nationaux ont agi, comme le Forum des femmes pour l'éducation physique en Autriche et la Commission Hillary en Nouvelle-Zélande. Le Conseil des sports du pays de Galles et des organisations non gouvernementales telles que la Girl Scouts (É.-U.) et la WSF (É.-U.) ont également lancé des initiatives communautaires.

Néanmoins, les preuves d'une réelle amélioration de la situation au cours des quatre dernières années restent minces, et on ne trouve malheureusement que quelques exemples de collaboration étroite entre le mouvement des femmes et du sport et les professionnels de l'éducation physique. Ce secteur bénéficierait assurément d'une coopération beaucoup plus étroite et d'une reconnaissance des avantages mutuels.

6. Encourager les médias

L'image du sport féminin dans les médias continue d'être préoccupante. Même si le temps d'antenne accordé au sport en général augmente et que de nombreuses manifestations sportives sont diffusées à l'échelle mondiale, le sport masculin, en particulier le soccer et le sport professionnel, domine toujours.

L' Australie, le Canada et les États-Unis ont déployé des efforts pour rectifier le tir. Ainsi, des trousses d'information et des lignes directrices à l'intention des médias ont été produites, et des ateliers et des séminaires s'adressant tant aux médias qu'aux athlètes et entraîneurs ont été tenus. L'Iran a recueilli des statistiques sur la couverture médiatique, et la France a décerné des prix aux médias afin d'inciter ceux-ci à couvrir mieux et davantage le sport féminin.

Par ailleurs, on a assisté à une percée de taille au Canada avec le lancement de WTSN - le premier réseau de télévision au monde consacré au sport féminin, 24 heures sur 24. Mais malgré ces quelques réussites et d'autres cas isolés, il reste encore beaucoup à faire sur le chemin du succès. Le mouvement des femmes et du sport ne peut ignorer la commercialisation et la mondialisation croissantes du sport ni le rôle crucial que jouent les médias pour ce qui est d'instiller au grand public la signification du sport.

7. Offrir un environnement sûr et sain

Des progrès considérables ont été marqués dans ce domaine, sous la direction d'un petit groupe de chercheuses et d'activistes.

WSI dispose d'un groupe de travail efficace sur le harcèlement sexuel ; ses membres ont publié des livres et des ouvrages de recherche sur le harcèlement et l'abus dans le sport. Le fait que ces questions soient solidement enchâssées dans le programme des ministres européens responsables du Sport montre ce qui peut être accompli.

Tant l'Australian Sports Commission (ASC) que l'ACAFS ont pris des mesures concrètes pour s'attaquer au harcèlement dans le sport. L' ACAFS exploite un site Web et a publié un guide sur la prévention du harcèlement et des abus ; l'ASC a élaboré une stratégie détaillée qui comprend des directives à l'intention des entraîneurs, des administrateurs, des athlètes et des officiels, ainsi qu'une série de séminaires de sensibilisation et de cours d'acquisition de nouvelles compétences.


À ce jour, il semble que seul un petit nombre de pays aient cherché à régler le problème du harcèlement et des abus. Le défi est donc de sensibiliser les pays qui n'ont pas encore admis que ce genre de comportement est présent dans le sport. Le compte rendu du Japon témoigne du caractère délicat de ce dossier et des difficultés qui doivent être surmontées, mais il y a beaucoup à apprendre du courage et de l'approche des femmes qui ont osé parler.

8. Reconnaître la diversité

Cette partie du rapport a déçu par sa minceur, ce qui correspond au peu de réponses reçues sur ce point. L'approche de l'ASC est exemplaire dans la mesure où elle couvre une gamme de questions liées à la diversité, y compris l'incapacité, l'homophobie et les peuples aborigènes, dans la Section de la Commission qui travaille avec les organismes nationaux de sport et l'industrie du sport pour que ce milieu soit davantage inclusif.

L'IAPESGW a fait des membres offrant leur aide et des membres possibles de pays moins développés partie intégrante de sa mission stratégique et a pris certaines mesures positives pour que son travail en soit le reflet. WSI a créé un Groupe de travail sur les femmes d'âge mûr et la vie active. Aux États-Unis, la Black Women's Sport Foundation a organisé une conférence nationale fort courue, et le Conseil des sports de Singapour s'est employé à rendre le sport et l'exercice plus accessibles.

Il est difficile de juger si la rareté d'exemples de bonnes pratiques est le signe d'une apathie générale à l'égard des questions liées à la diversité. Que ce soit le cas ou non, il semble que le mouvement du sport féminin doive accorder aux questions relatives à la diversité et à l'inclusion davantage d'attention et de publicité.

9. Engager les gouvernements

Les réponses à ce point ont également été plutôt faibles, bien qu'on retrouve plusieurs exemples d'engagement efficace des gouvernements dans la section du Guide complet. Beaucoup de pays d'Afrique signalent que les politiques en matière d'éducation physique et de sport sont assorties de lois du parlement ou de cadres juridiques. La France vient d'adopter une loi en vertu de laquelle l'État reconnaît et finance uniquement les organismes de sport qui offrent un accès égal aux hommes et aux femmes. Le Titre IX des États-Unis continue d'influer profondément sur les possibilités offertes aux filles et aux jeunes femmes dans les écoles et les universités.

Dans d'autres pays, notamment en Australie, au Canada et au Royaume-Uni, des organismes gouvernementaux tels que l'ASC, Sport Canada et les conseils de sports du R.-U. jouent un rôle capital en ce qui a trait à la politique de développement du sport et à l'affectation des fonds publics aux organismes de sport. Néanmoins, il semble que les analyses des effets sexospécifiques préconisées à Windhoek n'aient pas encore été menées.

10. Fournir une aide au développement

Le Programme de développement des sports du Commonwealth a englobé ou ciblé les femmes dans toutes ses initiatives, par exemple, le programme d'aérobie pour les femmes enceintes au Zimbabwe, l'Association sportive pour les jeunes de Mathare au Kenya (dont la présidente est une fille de 16 ans) et l'initiative " Your Life, Your Health " conçue pour habiliter les jeunes joueuses de netball des Caraïbes. En outre, l'ASC administre des programmes de développement du sport dans plus de 30 pays et a adopté une politique d'intégration dans chaque cas.

Pourtant, bien que ces exemples soient encourageants, ils sont limités. Il y aurait lieu d'agir davantage dans le domaine du développement pour que l'équité entre les sexes reçoive l'attention voulue.

11. Encourager la recherche

Un certain nombre d'initiatives et de projets de recherche à l'échelle nationale ont été décrits. WSI a pris les commandes à l'échelle internationale relativement à une gamme de dossiers importants et compte dans ses rangs nombre de chercheurs universitaires éminents. Les congrès de l'IAPESGW et de l'ICHPER.SD constituent d'excellentes occasions pour les chercheuses de présenter leurs travaux. La revue spécialisée Women in Sport and Physical Activity permet la publication d'ouvrages et l'échange de connaissances, et la WSF (R.-U.) encourage et reconnaît la recherche étudiante en décernant un prix " dissertation ".
Guide complet des initiatives dans le monde entier

Le Guide complet des initiatives dans le monde entier décrit au chapitre 3 renforce les exemples précis de travaux liés aux 11 points de l'Appel à l'action de Windhoek (qui sont détaillés au chapitre 2). Il fait état de l'énorme éventail des efforts proactifs déployés par divers groupes et organismes internationaux, régionaux et nationaux dans pratiquement toutes les parties du monde.

Organismes gouvernementaux internationaux et régionaux

Dans le secteur gouvernemental, plusieurs groupes de ministres ont inclus l'équité pour les femmes dans le sport dans leurs délibérations et dans leurs déclarations. Les chefs d'État des Caraïbes ont adopté la Déclaration de Brighton, tandis que les ministres de la Santé du Commonwealth ont reconnu le lien entre l'activité physique et la santé et le rôle que joue l'équilibre hommes-femmes. La Conférence des Ministres de la Jeunesse et des Sports des Pays d'Expression Française (CONFEJES) a supervisé un important programme de développement pour les femmes dans le cadre de ses Jeux. Entre autres réalisations remarquables à signaler, citons la reconnaissance, par le Conseil de l'Europe, des questions du harcèlement et de l'abus et le travail de la zone 6 au sein du Conseil supérieur du sport en Afrique.

Le soutien des ministres envers le mouvement des femmes et du sport est utile pour ceux et celles qui travaillent sur le terrain. En fournissant à ces derniers les moyens de demander à leur propre gouvernement de se justifier s'ils ne tiennent pas compte de l'équité entre les sexes dans le sport, nous mettons en pratique notre politique.

Organisations multisports et fédérations de sport à l'échelle internationale

Les comités nationaux olympiques et les fédérations internationales s'en remettent souvent aux directives du Comité international olympique ; il est donc clair qu'en établissant des objectifs universels pour tous les CNO et toutes les FI, le CIO a fermement ancré le leadership sportif féminin dans le programme de tous ces organismes.

Cependant, le compte rendu du CIO fait état d'une approche globale du sport féminin qui ne se limite pas à des objectifs, l'assortissant des éléments suivants : politiques intégrant les femmes dans le Mouvement olympique général ; augmentation des épreuves et des disciplines féminines au calendrier olympique qui assure ainsi un plus grand nombre de participantes (hausse allant jusqu'à 4 % pour atteindre 38 % au cours des quatre années entre les Jeux de 1996 à Atlanta et ceux de 2000 à Sydney) ; diminution du nombre de délégations nationales sans représentation féminine ; suspension du contrôle de féminité ; accent continu sur l'éducation et la formation ; enfin, communications et renseignements accrus sur les femmes et le sport.

Ces travaux ont été systématiquement favorisés et mis de l'avant par Katia Mascagni, chef de la section du CIO chargée de la promotion de la femme. Cette section a travaillé sans relâche pour surveiller les progrès et les signaler ; les statistiques qu'elle a réunies ont fourni des données probantes extrêmement précieuses sur la représentation des sexes à ceux et celles qui doivent défendre leur cause dans des pays du monde entier. Elle a pu compter sur l'appui personnel des plus hautes instances du CIO, soit les présidents Samaranch et Rogge et la vice-présidente Anita DeFrantz qui préside le Groupe de travail femme et sport du CIO.

Le rapport du Comité international paralympique révèle que, comparativement aux Jeux olympiques, la proportion de femmes participant aux Jeux paralympiques est plus petite (25 % à Sydney). Le CIP a adopté des mesures positives par l'entremise de son service technique et en exigeant des pays demandant une aide financière que la moitié des bénéficiaires soient des femmes. Selon Carol Mushett, agente technique du CIP, pour parvenir à une véritable équité entre les sexes, il faudra que toute une gamme d'organismes agissent de manière coordonnée et systématique ; il ne fait aucun doute que la nouvelle Commission des femmes et du sport du CIP formulera des recommandations à cet effet.

Parmi les autres organismes multisports mentionnés dans cette section, nous retrouvons la Fédération des Jeux du Commonwealth (FJC), dont le parcours suivi est similaire à celui du CIO, et le Conseil de solidarité des sports féminins dans les pays islamiques qui, pour des raisons culturelles, a emprunté un modèle différent. Le Groupe chargé des femmes dans le sport de la FJC se concentre sur trois grands domaines : le programme des Jeux, la participation des femmes et les dirigeantes. Quant aux Jeux féminins musulmans, ils donnent aux musulmanes la chance de participer au sport de compétition, que ce soit en tant qu'athlètes, entraîneures ou officielles, dans un univers uniquement féminin et acceptable sur le plan culturel.

Il est certain que les autres organismes multisports peuvent apprendre beaucoup des approches adoptées - et des progrès réalisés - par les organisations dont il est question dans cette section du rapport.

Dix fédérations internationales de sport ont présenté un compte rendu de leurs activités. Ici aussi, la multitude d'autres FI pourraient profiter grandement des méthodes utilisées et des progrès obtenus par les fédérations de sports tels que l'athlétisme et le hockey sur gazon. L'organisme responsable du netball fait également progresser la cause des femmes dans les pays en développement, et l'exemple de la Coupe du monde de cyclisme féminin à Montréal illustre comment une manifestation d'envergure peut servir à promouvoir le sport féminin. Par ailleurs, il y a eu les heureuses nominations d'Els van Breda Vreisman à la présidence de la FIH, ainsi que de Susie Simcock à la présidence de la Fédération mondiale de squash, une fonction qui a permis à la titulaire d'être élue au Conseil de l'AGFIS, faisant d'elle première femme à occuper le poste.

Organisations internationales de l'éducation physique et de la science du sport

De nombreuses organisations de l'éducation physique et de la science du sport sont membres du Conseil international pour l'éducation physique et la science du sport (CIEPSS), dont le compte rendu montre comment le Conseil a exploité les points les plus pertinents de l'Appel à l'action de Windhoek tant pour agir lui-même que pour amener ses membres à intervenir. Les rapports de neuf des organismes membres du CIEPSS sont annexés au compte rendu du Conseil. Comme dans le cas des fédérations internationales et des organisations multisports, le défi est de convaincre davantage d'organismes à s'engager à prendre des mesures relativement au sport féminin, en s'inspirant des travaux signalés.

Afrique

La section sur l'Afrique du Guide complet expose les comptes rendus de 26 pays, soit 7 de plus qu'en 1998. Nombre de _ces pays ont établi des organismes ou des comités féminins au sein de leurs CNO depuis la Conférence de Windhoek ; _il ressort d'ailleurs nettement des rapports que les délégués qui ont assisté à des conférences internationales ont pris _des mesures à leur retour au pays. La Déclaration de Brighton et l'Appel à l'action de Windhoek ont servi à accroître la sensibilisation et à promouvoir l'engagement envers l'équité entre les sexes dans le sport, tandis que les objectifs fixés par le CIO ont eu un effet réel et important, comme en témoigne le nombre de comptes rendus dans lesquels sont citées des statistiques sur les femmes à des postes de direction. Des constitutions et des règlements ont été modifiés pour augmenter la représentation des femmes. Des conférences, des séminaires, des festivals de sport et d'autres activités ont été organisés, sans compter que le soccer féminin connaît de plus en plus de popularité et de succès dans de nombreux pays d'Afrique.

Amériques

Le nombre de pays des Amériques qui ont présenté un compte rendu a doublé depuis 1998, passant de 9 à 18. Cette hausse est en grande partie attribuable à l'activation du mouvement des femmes et du sport en Amérique du Sud. _Deux exploits dignes de mention sont la construction d'un centre sportif réservé aux femmes en Équateur et 50 % _de représentation féminine au sein du Comité olympique de la Grenade. Tout comme en Afrique, une foule de comités _de femmes et d'organismes de sport féminin ont été formés, tandis que des conférences et des séminaires nationaux ont été organisés. Le Canada et les États-Unis travaillent depuis plusieurs années à la promotion des femmes et du sport, _et les organismes comme la WSF et l'ACAFS sont bien établis. Ces pays et ces organisations continuent d'ouvrir la voie _et de diriger le développement du sport féminin, comme en témoignent leurs travaux cités au chapitre 2 et l'élaboration de la Boîte à outils de Montréal.


Asie et Moyen-Orient

Le présent rapport renferme les comptes rendus de 22 pays comparativement à 13 en 1998, ce qui reflète la croissance du mouvement du sport féminin dans cette région. L'Association japonaise des femmes et du sport et leur infatigable directrice exécutive, Etsuko Ogasawara, ont été aux commandes d'une bonne partie de ce développement, organisant entre autres une conférence réussie en juin 2001 qui a débouché sur la formation d'un réseau, d'un groupe de travail et d'un plan d'action asiatiques. Les comptes rendus de l'Asie racontent également l'adoption continue de la Déclaration de Brighton (la Syrie en 1998, Singapour et le Taipei chinois en 1999 et le Japon en 2001), l'établissement de commissions de CNO et de groupes et d'organismes des femmes et du sport, ainsi que l'organisation de conférences et de festivals.

Aux Philippines, 6 000 femmes ont participé au festival dans le cadre du mois national de la femme, tandis qu'elles étaient 20 000 à Singapour. Beaucoup de pays ont fourni des statistiques sur la représentation et la participation des femmes ; la Mongolie et le Cambodge ont tous deux déclaré que des femmes siégeaient pour la première fois au conseil d'administration de leur CNO. L'Iran est l'un des rares pays à faire état du nombre de femmes entraîneures et arbitres formées, soit 17 000 entraîneures et 10 000 arbitres, des chiffres dont bien des pays seraient fiers.

Europe

Il y a eu 15 comptes rendus de l'Europe, une baisse par rapport à 23 en 1998. C'est d'autant plus étonnant que le Groupe européen des femme et du sport (EWS) est l'organisme régional établi depuis le plus longtemps et que sa liste de diffusion comporte 44 représentantes de pays. La direction de l'EWS a été confiée à la Finlande et à l'Allemagne depuis 1998, et les deux pays ont réussi à faire avancer les travaux et à organiser des conférences européennes réussies. La France est à la tête du Groupe depuis avril 2002. L'adoption de la Déclaration de Brighton se poursuit (la Norvège en 1998-1999, la Croatie en 1999 et le Portugal en 2001), et le compte rendu de la Lituanie décrit comment la publication de l'EWS a forcé les organisations gouvernementales et non gouvernementales à promouvoir l'égalité pour les femmes.

Comme dans d'autres parties du monde, beaucoup de CNO européens ont établi des commissions féminines et signalent une hausse de la proportion des femmes à des postes de décision. Par exemple, la Finlande déclare que le conseil d'administration de sa fédération des sports compte 41 % de femmes et les conseils régionaux, 38 %. L'engagement de l'État envers le mouvement des femmes et du sport semble être plus fort en Europe qu'en certains autres endroits dans le monde, la Hongrie et la France signalant des avantages liés à l'appui gouvernemental. Des conférences ont été organisées, et divers groupes de femmes ont été formés. En outre, la notion de réseaux officieux plutôt que de groupes officiellement constitués commence à percer dans des pays comme la Finlande et la France. À propos des femmes dans le sport de haut niveau, la Norvège a entrepris des travaux novateurs qui intéresseront de nombreux pays.

Océanie

Sept pays de l'Océanie ont envoyé un compte rendu, une légère mais remarquable augmentation comparativement aux cinq documents reçus en 1998. L'Australie a été extrêmement dynamique dans le développement du sport en général, comme on peut le constater aux chapitres 2 et 3 du présent rapport. Non seulement a-t-elle organisé des Jeux olympiques fort réussis à Sydney, où la présence des athlètes féminines d'hier et d'aujourd'hui s'est fait vivement sentir, mais elle a aussi intégré les questions liées au sport féminin à l'ensemble de ses programmes. Les travaux de l'Australian Sports Commission, dirigés par Debbie Simms, ainsi que la volonté de celle-ci de les diffuser largement ont aidé beaucoup de groupes et de membres du mouvement des femmes et du sport. La Commission Hillary en Nouvelle-Zélande a également accompli un excellent travail, et le compte rendu du Samoa fait état d'importants progrès en ce qui a trait à l'engagement des ministères et des responsables du gouvernement.


Conclusions

" Dans quelle mesure le mouvement du sport féminin a-t-il répondu aux 11 points de l'Appel à l'action de Windhoek? "

À la lumière des réponses reçues, nous pouvons conclure que dans l'ensemble :

Des progrès considérables ont été réalisés dans les domaines suivants :

  • aller au-delà des frontières actuelles ;
  • former les dirigeantes et augmenter les capacités ;
  • sensibiliser les milieux au problème du harcèlement sexuel.

Du bon travail a été accompli en ce qui a trait :

  • à la planification ;
    à la recherche.

Davantage d'attention doit être accordée aux éléments suivants :

  • l'éducation physique ;
  • les médias ;
  • la diffusion d'information ;
  • les relations gouvernementales ;
  • le développement outre-mer.

Une attention encore plus serrée doit être prêtée :

  • aux questions liées à la diversité.

Alors qu'ils continuent de répondre à l'Appel à l'action de Windhoek et de l'appliquer, les organismes devront tenir compte des points qui les touchent le plus et voir où leur contribution peut être la plus efficace.

" Quelles conclusions pouvons-nous tirer du Guide complet des initiatives dans le monde entier? "

Le mouvement des femmes et du sport continue de s'étendre et de se renforcer à l'échelle nationale, régionale et internationale. Des progrès importants ont été faits dans les domaines suivants :

  • adoption continue de la Déclaration de Brighton ;
  • formation d'associations et de commissions féminines ;
  • partage des connaissances et constitution de réseaux dans le cadre de réunions et de conférences ;
  • nombre accru de femmes à des postes de direction ;
  • gamme d'initiatives visant des objectifs précis ;
  • amélioration du suivi et des rapports ;
  • fortification des réseaux de communications multilingues.

À l'échelle régionale, le mouvement des femmes et du sport a connu un puissant essor en Amérique du Sud et en Asie au cours des quatre dernières années.


Facteurs cruciaux de succès

  1. L'importance du leadership. De nombreuses réussites sont le fruit d'une solide direction assurée par des femmes au sein du mouvement. Quelques noms sont cités dans le présent rapport, mais bien d'autres sont tus. Ces femmes agissent à tous les niveaux et assument beaucoup de rôles différents : ministres, fonctionnaires, chercheuses, enseignantes, administratrices et bénévoles. Il y a des centaines d'exemples de femmes qui, à leur retour de conférences, ont entraîné des changements positifs dans leur pays et leur organisation.
  2. La diffusion de l'information et des bonnes pratiques. Les particuliers et les organisations du mouvement du sport féminin ont généreusement fait part de leurs idées et de leurs programmes. Les principales organisations sont prêtes à diffuser de l'information et à permettre aux autres d'adapter et de traduire la documentation sans frais.
  3. La constitution de réseaux. Des réseaux efficaces ont été établis dans une foule de pays et de régions ainsi que par l'intermédiaire d'organismes et de groupes internationaux. La tenue continuelle de conférences et le développement de la technologie et des connections Internet ont eu un effet extrêmement positif sur ceux et celles qui ont la chance d'y avoir accès.
  4. La coopération et la coordination. Ces quatre dernières années ont été marquées par une abondance d'exemples de coopération et de coordination efficaces des activités. Citons entre autres l'initiative des " ponts stratégiques " dirigée par WSI, l'appui que le CIO a accordé à des délégués des conférences de l'IAPESGW et pour les travaux en Burundi et au Sierra Leone, le travail de l'Université norvégienne du sport et de l'éducation physique avec la République tchèque et le Programme de développement des sports du Commonwealth. Néanmoins, vu la prolifération des comités et des organisations à l'échelle nationale, il y a risque de chevauchement, d'où l'importance cruciale de travailler tous de concert.

L'avenir

La Conférence mondiale 2002 sur les femmes et le sport à Montréal porte sur un vaste éventail de facteurs qui influent sur les progrès, en particulier dans les domaines nécessitant davantage d'appui et d'action. La Boîte à outils de Montréal, produite à l'intention des délégués de la Conférence et accessible éventuellement sur Internet après la Conférence, est un recueil important des travaux du GTI à ce jour. Ressource pratique contenant des techniques éprouvées pour effectuer des changements, la Boîte à outils se révélera d'une aide précieuse pour les personnes souhaitant faire une différence dans leur propre sphère d'influence.

Le GTI espère que les efforts coordonnés à l'échelle internationale, régionale et nationale permettront de s'attaquer aux domaines qui, selon le présent rapport, exigent une attention soutenue. En transposant le présent rapport d'étape sur Internet pour en faire un " document évolutif " pouvant être mis à jour et enrichi, nous sommes convaincus que les progrès qui surviendront au cours des prochaines années miseront sur l'information, les leçons et les réussites contenues ici et qu'ils permettront de promouvoir encore plus la cause du sport féminin partout dans le monde.

Il nous incombe à tous de tenir l'information à jour et de faire en sorte qu'elle serve nos objectifs communs.